Par Gaetan Inserra
Mis à jour le 19 décembre 2025

Financer une reprise d’entreprise : aides, prêts et montages possibles

Reprendre une entreprise suppose de financer le prix de rachat, mais aussi les besoins liés à la reprise : trésorerie, investissements, frais de conseil. Plusieurs leviers peuvent être combinés : apport personnel, emprunts bancaires, prêts d’honneur, aides publiques, crédit-vendeur… Cette fiche présente les principales options de financement et leurs enjeux.

À retenir

  • Le financement couvre à la fois le prix de cession et les besoins liés à la reprise.
  • L’apport personnel reste un signal important pour les banques et partenaires.
  • Prêts bancaires, garanties publiques, prêts d’honneur et crédit-vendeur peuvent être combinés.
  • Certaines aides régionales et nationales encouragent la reprise d’entreprises existantes.
  • Un plan de financement réaliste est indispensable pour sécuriser la trésorerie post-reprise.

Définir le besoin de financement global

Avant de rechercher des financements, il faut chiffrer précisément les besoins :

  • prix de rachat de l’entreprise (fonds ou titres) ;
  • frais liés à l’opération (honoraires d’avocat, d’expert-comptable, notaire, audits) ;
  • besoins de trésorerie au démarrage ;
  • investissements à court terme (travaux, modernisation d’outils, recrutements, communication).

Ce travail permet de bâtir un plan de financement cohérent, aligné avec la capacité de remboursement future de l’entreprise.

L’apport personnel du repreneur

L’apport personnel représente les fonds que le repreneur met lui-même dans l’opération (épargne, cession d’actifs personnels, apport en compte courant…). Il reste un élément clé pour convaincre les financeurs.

Même si certains montages permettent de limiter l’apport, il est généralement souhaitable de disposer d’un minimum de fonds propres pour absorber les imprévus et rassurer les partenaires bancaires.

Les financements bancaires

Les banques interviennent souvent pour financer une partie du prix de reprise et des besoins connexes. On retrouve principalement :

  • les prêts professionnels classiques, sur plusieurs années, adossés à la capacité de remboursement de l’entreprise ;
  • des prêts spécifiquement dédiés à la transmission-reprise, parfois couverts en partie par des garanties publiques ;
  • des lignes de trésorerie pour sécuriser le besoin en fonds de roulement.

Des organismes publics peuvent garantir une partie des emprunts accordés par les banques, afin de faciliter l’obtention du crédit. Les chambres de commerce et les réseaux d’accompagnement peuvent vous orienter vers les dispositifs adaptés à votre projet.

Aides et dispositifs d’accompagnement

Plusieurs aides viennent compléter l’apport personnel et les financements bancaires :

  • Prêts d’honneur accordés par des réseaux spécialisés, sans garantie ni caution personnelle, venant renforcer les quasi-fonds propres du projet.
  • Aides régionales ou sectorielles destinées à encourager la reprise d’activités dans certaines zones (centres-villes, zones rurales, territoires en reconversion) ou certains secteurs (artisanat, commerce de proximité…).
  • Dispositifs publics dédiés à la reprise, sous forme de prêts, garanties ou subventions, en fonction des caractéristiques du projet et du profil du repreneur.

Il est conseillé de se rapprocher des chambres de commerce, des réseaux d’accompagnement ou d’un conseiller spécialisé pour identifier les aides mobilisables et monter les dossiers.

Reprendre une entreprise avec peu d’apport

Reprendre une entreprise sans apport significatif reste possible, mais l’opération est plus difficile à financer. Les financeurs exigent alors un dossier très solide et des garanties renforcées.

Parmi les leviers fréquemment mobilisés :

  • crédit-vendeur, le cédant acceptant un paiement étalé dans le temps ;
  • combinaison de prêts bancaires et de garanties publiques ;
  • entrée d’investisseurs (associés, business angels, fonds) qui apportent des fonds propres.
Attention :

Un montage sans apport personnel ne doit pas conduire à un niveau d’endettement incompatible avec la capacité de l’entreprise à rembourser. Un plan de financement réaliste, avec des hypothèses prudentes, est indispensable.

Construire un dossier financier solide

Quel que soit le montage retenu, les partenaires financiers attendent un business plan complet :

  • présentation de l’entreprise reprise et de son historique ;
  • résultats des audits réalisés (financier, juridique, social, commercial) ;
  • projet du repreneur (vision, stratégie, actions prévues) ;
  • prévisions financières sur plusieurs années ;
  • plan de financement détaillé et calendrier des besoins de trésorerie.

L’accompagnement par un expert-comptable ou un conseiller en financement augmente les chances d’aboutir et permet d’ajuster le montage aux attentes des banques et organismes publics.

Pour aller plus loin

Pour avoir une vue d’ensemble du projet, vous pouvez consulter notre fiche pour un projet global de reprise d’entreprise.

Le montant à financer dépend directement de l’évaluation de l’entreprise cible.

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